État des lieux et perspectives du commerce à Albi
La vitalité du commerce est un indicateur précieux du dynamisme d’une ville. Qu’en est-il à Albi ? Réponse avec Mathieu Vidal, adjoint au maire, et Séverine Gil, conseillère municipale, tous les deux élus délégués au commerce.
Les réponses de Mahieu Vidal et Séverine Gil
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Mathieu Vidal :
« Il faut prendre un peu de recul pour examiner ce qu’il s’est passé pour ces trois enseignes. Au niveau national, l’enseigne Bouchara était en difficulté et a donc fermé un certain nombre de magasins dont celui d’Albi. Pour Starbucks, le groupe était en redressement judiciaire et a ciblé les commerces les moins rentables, essentiellement dans des villes moyennes. Quant à Celio, il a déménagé pour développer d’autres gammes et disposer de plus d’espace. Les locaux seront repris par une autre marque d’habillement. Nous suivons avec attention les éventuelles reprises des deux autres espaces commerciaux. »
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Mathieu Vidal :
« Globalement, elle reste plutôt bonne, même si on constate un certain turn-over. Le taux de vacance (9,80%) est inférieur à la moyenne nationale des villes entre 25 000 et 50 000 habitants (13,8%) et nous constatons plus d’ouvertures que de fermetures. Les porteurs de projets sont présents et nous sommes à leur écoute. Là où les commerçants s’unissent pour créer des synergies, il y a de belles dynamiques. On le voit, par exemple, rue Peyrolière. Pour s’adapter, de nouvelles formes de commerces se développent aussi. Il y a la seconde main, les boutiques de créateurs, les commerces hybrides comme l’atelier Vacry ou Obrador, mais aussi ceux qui accueillent des chiens ou des chats. Certains commerçants se regroupent au sein d’une même boutique pour mutualiser leurs frais. Une des forces d’Albi est la forte représentation de commerces indépendants et d’artisans qui proposent des produits qu’on ne trouve pas forcément ailleurs dans des galeries commerciales. Ça plaît, notamment aux clients non albigeois. »
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Séverine Gil :
« Rendre le centre-ville attrayant relève de certaines de ses compétences. La dynamique commerciale repose en effet pleinement sur plusieurs leviers comme l'animation, la culture, le patrimoine, les mobilités ou les aménagements urbains. Cela passe notamment par les navettes gratuites, la gratuité du stationnement le samedi et une demi- heure gratuite chaque jour qui passera à une heure comme nous l'avons annoncé. L’attractivité touristique dont bénéficie Albi avec l’inscription au patrimoine mondial et l’organisation d’événements culturels et sportifs contribuent aussi à séduire une clientèle de passage qui apprécie de faire du shopping en ville. À l’intention des commerçants et des porteurs de projet, des permanences sont assurées dans la Maison des commerçants et des artisans située à l’Hôtel de Ville qui constitue un véritable guichet unique. »
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Séverine Gil :
« Rappelons tout d’abord que la liberté d’entreprendre prévaut et que la Ville d’Albi n’a pas vocation à posséder des locaux commerciaux, ne peut pas choisir les commerces qui s’installent, ni plafonner des loyers ; elle préempte donc avec modération car il s’agit de l’argent public. Quand elle l’a fait, par exemple pour l’ancien restaurant Grill Saloon, c’était dans l’idée d’y accueillir une activité de cabaret et de participer au dynamisme de la rue Croix Verte. Pour le local situé place des Cordeliers à côté du Carrefour City, la Ville avait préempté car le fonds de commerce restait abordable et qu’il s’agissait de diversifier l’offre dans ce secteur. Il faut noter que la Ville d’Albi a instauré une taxe sur les friches commerciales pour les propriétaires qui n’ont pas la volonté de les louer. »
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Mathieu Vidal :
« La Ville a mis en place plusieurs mesures. Il y a tout d’abord les aides à l’installation qui permettent de prendre en charge 50 % du loyer pendant les trois premiers mois pour certains types de commerces. Des aides pour des artisans dont les métiers sont sous tension ou peu représentés en ville sont aussi possibles avec une prise en charge partielle des loyers pendant un an. Ces dispositifs incitatifs sont très bien perçus par les commerçants qui sont accompagnés et conseillés dans leurs démarches d’autant que nous avons une bonne connaissance du terrain et des besoins. Nous sommes également en lien avec les propriétaires ou les agences immobilières. À l’ouverture, Albimag voire les réseaux sociaux relayent l’information et contribuent à faire connaître le commerce. Le service commerces de la Ville se rend par ailleurs chaque année au salon de la franchise à Paris pour promouvoir l’attractivité d’Albi. Enfin, nous installons des vitrophanies sur les vitrines des commerces à louer avec l’autorisation des propriétaires. Elles offrent une belle visibilité pour celui qui recherche un local. »
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Séverine Gil :
« En fréquentant les commerces, bien entendu, à condition que l’offre soit variée, pas trop chère et de qualité. Les commerçants ont aussi un rôle à jouer notamment dans l’accueil, les horaires d’ouverture et le renouvellement des produits. Quand cela est possible, l’ouverture entre midi et deux heures, voire le dimanche, permet de capter une clientèle d’actifs situés sur le centre-ville ainsi que des touristes. Nous envisageons dans ce but d’organiser des rencontres par rue avec les commerçants pour réfléchir ensemble à des améliorations. Les associations de commerçants sont évidemment partie prenante du dynamisme d’une rue ou d’un secteur. Les propriétaires des locaux doivent aussi prendre leurs responsabilités en demandant un loyer qui permette aux commerçants de vivre et de pérenniser leur activité, notamment dans les périodes de crise. »
Pas de repos estival pour le commerce du centre-ville
Plusieurs enseignes ont ouvert ces derniers jours leurs portes, confirmant le dynamisme du centre-ville. Rue de l’Hôtel de Ville, « Dog Amour », concept-store tenu par Sylviane Rivière, rassemble une sélection d’accessoires, un espace de toilettage ainsi qu’un véritable lieu de convivialité pour les chiens et leurs maîtres. Rue Croix-Verte, Jeanne Nadège accueille les gourmands dans son « Épicerie du monde ». Une invitation au voyage à travers une gamme de produits des quatre coins de la planète. Rue de l’Oulmet, les gourmands trouveront leur bonheur chez Moustache le glacier artisanal. Rue Princeteau, Le Mokki (prononcé meuki) propose une parenthèse dédiée au bien-être. Cet espace, conçu par Boris Fabre et Sandra Baud, réunit des praticiens spécialisés (coiffure, soins esthétiques, onglerie...), une épicerie fine et un salon de dégustation.
Ces nouvelles adresses seront à découvrir en détail dans les prochains numéros d’Albimag.