Espace numérique dédié aux Journées du patrimoine à Albi

La 43e édition des Journées européennes du patrimoine 2026 se déploie aussi sur Internet dans un espace dédié présentant un documentaire et des visites virtuelles.

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Documentaires

Collégiale Saint-Salvi : les décors de la Chapelle Saint-Joseph

La collégiale Saint-Salvi est l’un des quatre monuments majeurs de la Cité épiscopale d’Albi et le plus ancien. Elle fait l’objet d’un plan pluriannuel de restauration à l’initiative de la Ville d’Albi, propriétaire de l’édifice.

Après avoir fait restaurer la crypte et la chapelle Saint-Louis, les travaux des chapelles Saint-Roch, du Sacré-Coeur et
Saint-Joseph ont été réalisés entre 2021 et 2023.

Durant ces restaurations, des décors peints insoupçonnés jusqu’alors ont été mis au jour dans la chapelle Saint-Joseph.

 

Un exercice à Saint-Salvi pour sauvegarder ses trésors

Afin d’établir, en cas d’incendie, les meilleures conditions d'intervention et de préservation des œuvres d’art conservées à la collégiale Saint-Salvi, un exercice a été organisé à l'automne 2025 par la Ville d’Albi et le Service départemental d’incendie et de secours du Tarn.

« Sauveteurs du patrimoine » : voici des photographies de l’exercice lié au plan de sauvegarde des biens culturels (PSBC) à Saint-Salvi

 

Au chevet de la crypte de la collégiale

Pendant plusieurs années, un laboratoire d’analyse des matériaux spécialisé dans le patrimoine a assuré un suivi climatique de la crypte de la collégiale Saint-Salvi, où de précieuses mais fragiles peintures murales ont été restaurées. L’étude s’achève à l’automne 2026.

Les peintures de la crypte de la collégiale sont les plus anciennes répertoriées à Albi. Elles datent du XII-XIIIe siècle.

En 2018, la Ville d’Albi entreprenait d’importants travaux pour préserver les peintures murales présentes dans la crypte de la collégiale.
Datant du XII-XIIIe siècle, celles-ci imitent une tenture plissée divisée horizontalement en deux bandes colorées. Un diagnostic révélait hélas des altérations préoccupantes dues à des infiltrations d’eau récurrentes. « L’eau agit comme un solvant y compris sur la pierre, ce qui donne lieu à des réactions chimiques qui la dégradent », explique Benoît Merckx, ingénieur au laboratoire Études recherches.
matériaux à Poitiers, à qui la Ville d’Albi a confié une étude. 

« Au niveau de la crypte, la couche picturale s’effritait à mesure que la pierre s’altérait sous l’effet de l’humidité. Les restaurations menées au XXe siècle avaient même accéléré le processus, le traitement apporté à l’époque ayant imperméabilisé la surface de la pierre qui ne pouvait plus respirer ».

Plusieurs capteurs ont été placés dans la collégiale pour mesurer les taux d'humidité dans l'air et la température.

Réguler au mieux l'humidité

La pose de drains place Saint-Salvi et l’installation de déshumidificateur dans la crypte ont heureusement permis d’améliorer considérablement les conditions de conservation des peintures et d’engager une restauration. Le laboratoire spécialisé dans la caractérisation des altérations des matériaux (comme la pierre, par exemple), avait à la demande de la Ville d’Albi commencé à mesurer l’efficacité des mesures prises au moyen de plusieurs capteurs installés dans la crypte et la collégiale. « Les dégradations sur les peintures ne se sont pas aggravées, mais une humidité ambiante persiste, liée notamment à l’air ambiant », note Benoît Mercks. « Celle-ci fluctue en fonction des saisons ; elle est paradoxalement plutôt basse en hiver et assez haute en été, avec un air chaud extérieur qui contraste avec un air frais intérieur, sans oublier que la fréquentation de l’édifice contribue aussi à modifier l’atmosphère. » 

Des tests de fermeture de la crypte avec une grille ajourée et une porte fermée ont été menés pour estimer l’intérêt d’une ventilation naturelle. L’étude qui s’achève à l’automne apportera quelques préconisations dans ce sens. Le réchauffement climatique, avec des amplitudes thermiques fortes et des précipitations importantes en hiver, incite néanmoins à une grande vigilance pour sauvegarder ce patrimoine unique à Albi.

Visite virtuelle

Le plafond peint du bureau du maire

Présentation des animaux identifiés avec la Ligue pour la protection des oiseaux.

C’est une véritable ménagerie qui se révèle au milieu d’un décor végétal coloré. Ces éléments ont été peints en 1685 par Jacques Roumegous à l’époque où l’immeuble était encore l’Hôtel particulier d’un notable. Environ 80 oiseaux y sont représentés ainsi que d’autres animaux, chiens, renard, singe... Le tout est assez bien conservé malgré les années.

 

Le chantier de restauration des chapelles nord de la collégiale Saint-Salvi

Des travaux de restauration engagés par la Ville d'Albi ont été réalisés à l'hiver 2025 dans quatre chapelles de la collégiale Saint-Salvi. Le chantier consistait notamment à dégager les peintures murales et reprendre les sols. L'opération a donné lieu à de belles découvertes.

Les enduits qui recouvraient les murs (faux appareillage de pierre réalisé entre 1869 et 1873) ont été retirés pour mettre en valeur les décors néo-classiques de la première moitié du XIXe siècle et bien présents dans trois chapelles (70% seront visibles). Il s’agit a priori d’un décor inspiré de l’architecture du baldaquin de la cathédrale Sainte-Cécile. À noter en haut, une clef de voûte avec le blason de la famille qui a décoré la chapelle.

Concernant la chapelle Saint-Laurent, réalisé en 1737, il a été offert par Joseph Amblard, curé et chanoine de Saint-Salvi.

La restauration des décors peints de la chapelle Saint-Laurent s’est avérée plus complexe. Les couches picturales y sont nombreuses et parfois difficiles à traiter en raison de leur état ou de leur superposition. Afin de mettre en valeur le retable et maintenir une certaine harmonie d'ensemble, le choix a porté sur la présence de « fenêtres » présentant un échantillon de peintures, le reste étant recouvert d’un enduit de protection. Ce sera le cas de cet évêque particulièrement bien conservé qui pourrait dater du XVIIIe siècle.

Au cours du chantier, les restaurateurs ont mis au jour des décors (appareillage de faux marbre) datant probablement du XVIIIe siècle. Ces derniers, plutôt bien conservés, se trouvaient dissimulés derrière le mur du fond de la chapelle Saint-Laurent. Une découverte imprévue !